Hommage à Daniel Vandooren
J'ai perdu un ami exceptionnel ce 2 septembre 2004, je nomme : Daniel Vandooren de Tournai.
Si j'avais écrit le faire-part de Daniel, je ne l'aurais mieux fait qu'il ne l'est et sa famille je trouve est
encore modeste sur ses énormes qualités humaines, ses études de soi auraient pu je pense être le sujet de multiples ouvrages, mais il était tellement peu homme à se mettre en avant que cela aussi je pense était un frein à cela. II était humble et c'est peut-être dommage car à mon sens, c'était sûrement un très grand philosophe tout simplement méconnu et son esprit, sa façon de vivre, son exemple, tout cela aura été gagnant â être connu du grand public .Il aurait pu ainsi contribuer à changer des vies car le rencontrer, apprendre à le connaître, se livrer à lui corps et âme, c'était parfois le choc entre deux mondes, l'électrochoc du froid et du chaud… Je répugne à utiliser l'imparfait car il est toujours là pour moi et ce matin du 9 septembre, un goût amer est en bouche, mon esprit est brouillé d'images et malgré que je me dise toujours qu il faut aller voir et revoir les gens que l'on aime quand il en est temps, je regrette de ne pas l'avoir fait ces derniers jours… Et pourtant... et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manquait et pas plus tard que ce 2 septembre juste, je pensais à aller faire visite à Daniel et sa famille. Des événements certes continuent a chambouler ma vie et la dirigent plus que jamais vers ce genre de but qui enchantait Daniel et je lui donnais de façon régulière nouvelles de mes actions, de mes succès, je lui confiais mes craintes, lui demandais conseil...J’ai connu Daniel sur le marché aux puces de St Pierre â Tournai, j'étais alors aux prémices de mon métier auquel je me destinais pour réussir dans la vie (Ce que je croyais indispensable a l’époque) J’y vendais notamment des livres anciens, ce qui immanquablement était à attirer Daniel dans un stand et ensuite à la conversation...Hybride, original, excentrique était cet être et lorsque quelque part on l’est soi-même, on peut se trouver des atomes crochus… Vingt ans j’avais, la fougue et l’envie de bouffer le monde, des idées aussi révolutionnaires qu’il admirait pour leur originalité mais pas pour les buts… Oui, il m’a alors mille fois remis les références de son maître penseur Jiddu Krishnamurti car il ne mâchait pas ses mots et désapprouvait ma façon de vivre, surtout les buts financiers que je me fixais, cette ambition dévorante qui était en moi… Il m’a plusieurs fois averti sur les dangers réels d’être en harmonie (si j’ose dire) avec
l’argent, d’être prisonnier comme je l’étais, il avait raison… Il pouvait se permettre de tout me dire, car je l’avais accepté comme ami. Lui, avec ses 30 ans de plus que moi, avait le droit de tenter de me remettre en question, mais il avait peine... Il disait de moi, de notre famille, des artistes dans le rôle dangereux et au dénouement incertain d’équilibristes de leur numéro sur le fil… Image forte, quelques mois après ma descente aux enfers en 1998, j’ai repensé à ses paroles et plus jamais elles ne me quitteront car cette vue d’ensemble de ma vie d’antan est celle qui respecte la réalité d’alors… Il était là pendant mes succès, quand j’ai eu des déboires, il était là pour me secourir en 1998… J’étais devenu une « loque », je me suis retrouvé, suite à une grave dépression, dans un lieu où je n’avais nul lieu d’être « grâce » aux manipulations de mon ex-femme et il s’est porté garant, Dieu merci, pour que l’on ne m’y garde pas et jamais Daniel ne regrettera ce geste… Je pense et j’espère que Daniel est fier de m’avoir comme ami et qu’il est conscient qu’il a eu une réelle incidence sur ma vie telle qu’elle est et sera l’avenir car sans cesse, me reviennent à l’esprit le fait que l’argent ne doit pas diriger notre vie et nous ne devons pas être ainsi esclave du système et sortir de l’individualisme, nos talents et pouvoirs que l’on se prête doivent servir les causes des démunis… Tout cela, je le dois en grosse partie à Daniel, son exemple, outre les démunis que j’ai côtoyés m’a été d’une importance capitale, m’a ouvert les yeux et l’esprit, il était possible pour moi d’imaginer de vivre heureux sans argent pour nous diriger… Si lui l’était, car il l’était, pourquoi pas moi et montrer aussi à mon tour cet exemple et enseigner ces préceptes ?
Daniel, merci et encore merci, jamais je ne t’oublierai, merci est encore trop faible…
Phil Marichal.
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